Les devoirs à la maison sont cruels à l’école primaire (Siegfried Engelmann) Imprimer Envoyer
En pratique - Devoirs
Écrit par Françoise Appy   
Vendredi, 17 Février 2012 18:14

Siegfried Engelmann

Les devoirs à la maison sont cruels à l’école primaire

Titre original : “Homework is Cruel in the Primary Grades”

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Devoirs à la maison

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Résumé :
Toujours dans le souci de l’amélioration des performances scolaires, et en particulier chez les élèves à risques, Siegfried Engelmann remet à l’ordre du jour la question des devoirs à la maison.
Il déplore que cette pratique se révèle très discriminatoire, par rapport aux populations en difficultés. Les défenseurs des devoirs ne tiennent pas compte des réalités sociales et font comme si tous les élèves vivaient dans un environnement chaleureux, aimant et soucieux d’aider aux acquisitions scolaires.
Les devoirs, selon lui, ne sont pas une activité d’apprentissage : ils servent rarement pour enseigner quelque chose. L’histoire des devoirs aux États-Unis se distingue de la nôtre ; en France, ils sont interdits depuis 1956. Aux États-Unis, dans les années 30, il y avait une forte opposition aux devoirs, et pourtant le niveau des élèves était nettement supérieur à celui d’aujourd’hui, même si les écoles de l’époque avaient leurs faiblesses. C’est dans les années 60, que les devoirs sont devenus à la mode. La méthode globale et les pratiques par découverte, alors très répandues, n’ayant pas les résultats escomptés, les enseignants, via les associations de parents d’élèves, ont décidé d’impliquer ces derniers dans les apprentissages. Les devoirs à la maison faisaient partie de la stratégie, ils relevaient désormais de la responsabilité des parents, ce qui permettait d’élargir les causes de l’échec. Siegfried Engelmann bien entendu est en total désaccord avec ce principe, lui qui clame depuis toujours que si l’élève n’a pas appris, c’est que le professeur n’a pas enseigné.
Par ailleurs, il trouve aussi que les devoirs présentent, sur le plan du contenu, des difficultés que la plupart des élèves ne parviennent pas à résoudre sans une aide extérieure. Ceux qui n’ont pas cette aide échouent.
La règle qui prévaut dans les classes américaines en matière de devoirs est celle des 10 minutes quotidiennes par classe. Cela donne 10 minutes en CP, 20 minutes en CE1 etc. Règle qui selon lui, est bien en-dessous de la réalité et qui, de toute façon,  allonge exagérément une journée de travail déjà bien chargée.
Enfin, il pose la question qui devrait précéder toute réflexion sur la question : Est-ce que les devoirs font une différence en termes de performances scolaires ? Les défenseurs disent oui, les détracteurs disent non, d’autres disent parfois. Pour dépasser les simples opinions, il mentionne l’étude réalisée sur le sujet par l’université Duke dont les résultats ont montré une corrélation positive, beaucoup plus importante dans le secondaire que dans le primaire. Voilà qui appuie la position du Direct Instruction sur la question.
Pour résumer
•    Aucun devoir écrit entre la GS et le CE2. Néanmoins, les petites classes amènent chez eux des histoires qu’ils ont lues en classe et qu’ils peuvent lire à leurs parents, ainsi que des exercices qu’ils ont résolus en classe. Cela permet d’établir une liaison entre la maison et la classe et d’impliquer les parents sans qu’ils n’aient la responsabilité des apprentissages.
•    Par la suite, aucun devoir que les élèves ne soient capables de réaliser tout seuls en 20-30 minutes.
En guise de conclusion, Siegfried Engelmann insiste bien sur le fait qu’aucun travail à la maison ne doit déboucher sur un échec. Ce serait ce qu’il appelle un devoir inhumain et cruel, totalement contre-productif sur le plan des apprentissages.

 
 
Une réalisation LSG Conseil.